J’ai choisi le succès, l’échec m’a rattrapée… [J’ai lu]

Selon le dictionnaire Larousse (en ligne) , l’échec se définit comme étant un résultat négatif d’une tentative, d’une entreprise, un manque de réussite ; une défaite, l’insuccès, le revers. Exemple : subir un échec. Un mot qui bien souvent s’accompagne d’un autre :  désillusion – le sentiment de quelqu’un qui constate que la réalité est différente de celle qui était imaginée ; désenchantement, déception, mécompte.

Tout est parti d’un fait anodin. Je lisais ce livre dans lequel, il était demandé au lecteur de dresser la liste de ses plus gros échecs et d’en noter les conséquences. J’ai alors pouffé de rire repensant à cet échec essuyé en cuisine, une fois dernière. Il était question de faire cuire du riz blanc sur une gazinière avec laquelle je faisais connaissance pour la première fois. Mon cv en matière de cuisine était à mon sens remarquable – mariage, baptême, anniversaire, funérailles, j’avais déjà cuisiné pour une centaine personnes qui n’avaient pas encore terminé aux urgences. Ma famille, composée de trois hommes à l’appétit d’ogre, peut même en témoigner. Et pourtant, à mes débuts en pays étranger, cette gazinière m’a fait essuyer la honte de ma vie – deux (2) ans après j’en parle, c’est vous dire combien j’en ai souffert. Le plus dur je pense, ça été de voir mon tuteur à l’époque rentrer du boulot, réaliser que je n’avais pas réussi à faire cuire « un simple riz blanc » sur sa gazinière. Il s’était marré quelques minutes, avant de rapidement se changer et faire cuire le riz en moins de 30 minutes. J’étais outragée – choquée – j’en voulais à ma propre personne ; moi la femme, la cuisine est censée être mon lieu de prédilection comme le veux la culture africaine. Mon ego en avait pris un coup et j’ai décidé de ne pas dîner ce soir-là ! J’ai préféré dormir le ventre creux pour me punir. Ensuite, je me suis appliquée, j’ai essayé encore et encore – je déteste les affronts et perdre me ronge le sang (au sens propre du terme). J’ai testé en long et en large les boutons de cette gazinière, jusqu’à trouver la combinaison magique de boutons (4-2). Cette joie de l’accomplissement après l’effort, je la ressens encore aujourd’hui. Ce n’est certes pas l’échec le plus cuisant de ma vie, c’était plutôt une désillusion, mais j’ai eu envie de la partager avec vous. Combien de fois avons-nous tourné le dos à nos échecs ? Trop peur d’y faire face ? De se souvenir de la douleur ? Qu’avons-nous appris depuis ?

Pour en revenir au titre de l’article, j’ai découvert Aude de THUIN au travers d’un MOOC. Elle y parlait de sa vie d’entrepreneure et de l’échec qui est bien souvent mis en sourdine ou très mal enseigné dans la société qui nous entoure. Intriguée par sa personne, je me suis tout de suite documentée et procurée son livre  » Forcer le destin : j’ai choisi le destin, l’échec m’a rattrapée ». Ce livre a entièrement répondu à mes attentes : il me bouffait mes nuits et mes jours ! Au moindre moment de répit, je m’empressais de replonger mes yeux dans ces lignes. Ce que j’ai par dessus tout aimé, c’est le côté atypique du livre ! Ecrire et laisser la latitude à sa thérapeute d’y rajouter des commentaires. C’est la tâche de co-auteur que Jeanne Siaud-FACCHIN, en qualité de thérapeute, a rempli avec brio ; un grand moment de culture générale que j’ai beaucoup apprécié (psychologie, psychanalyse, toujours présente, je réponds fascinée  – allez-y comprendre quelque chose !).

Aude de THUIN autrefois Odette le ROUX, est issue d’une famille de milieu modeste. Son père était boulanger et sa mère, femme au foyer. Des conditions de vie qu’elle avoue avoir détesté. Par-dessus tout, sa couleur de cheveux : roux, qui lui valait brimades et moqueries à l’époque. À l’âge de 17 ans, elle se fait renvoyer de l’école des sœurs et ne passe pas le BAC. Sa revanche sur la vie elle la voulait à tout prix ! Une vie différente, elle en avait rêvé ! Briser ce complexe qu’elle a, de cette classe de personnes élitistes qui aime fanfaronner avec ses gros diplômes à chaque sortie mondaine. Malgré tous ses efforts, elle le sentait encore, le regard des autres posé sur son parcours d’autodidacte, le jugement de la société… L’envie de se faire accepter et sa rage de vaincre lui ont donné d’exercer durant trente-cinq années (35) une vie professionnelle de serial entrepreneure. Elle comptait à son actif 5 entreprises, des salons (l’Art du Jardin), forums (Osons la france, Happy Happening, Asia Women’s forum, Women’s forum…) et autres associations à but non lucratif. Sociétés ou concepts rachetés pour certains, par de plus grosses structures faute de moyens financiers, mais encore dépôts de bilans et dettes à profusion pour les autres ! Comment celle qui est partie de rien et qui a réussi à se façonner une image de bourgeoise au fil du temps,  celle qui a reçu la légion d’honneur, qui côtoyait ministres, personnalités du CAC40 et autres personnes influentes du monde entier, se retrouve du jour au lendemain au tribunal du commerce pour son nième dépôt de bilan ? Cette fois-ci la coupe est pleine. Il faut en plus rendre les clés de la maison de Paris et se retirer dans la maison de campagne en Normandie. (The Rise and Fall). 

Vous avez donné la parole a tellement de dirigeants et de politiques de ce pays qu’ils auraient pu vous aider à leur tour, ça aurait été la moindre des choses. Lui répondait, le président tribunal, lors de son passage en redressement judiciaire.

À travers cette confession poignante, Aude de THUIN est aujourd’hui en pleine reconstruction de sa personne. Une totale remise en question dans le but d’identifier et mieux comprendre les raisons de cet échec. La claque que vous prenez quand savez que vous avez tout pour réussir, mais que vous continuez d’échouer sans cesse ! En attendant de trouver réponses à vos questions et pour vous aider à remonter la pente en cas d’échecs, voici 10 conseils parus dans le Time du 1er Juin 2015 :

  • Se doter d’un certain nombre de certitudes que rien ne peut ébranler ;
  • S’efforcer de trouver ce qu’il y a pu avoir de positif dans tout ce qui a pu nous arriver ou ce qui a été facteur de stress ;
  • S’inspirer de ceux qui sont résilients ;
  • Ne pas se détourner de ce qui nous fait peur : faire face ;
  • Demander d’urgence de l’aide dès que ça va mal ;
  • Apprendre autant de choses nouvelles que possible ;
  • Trouver l’exercice physique qui vous convient et le pratiquer sans faille ;
  • Ne pas culpabiliser ni vivre en regardant le passe ;
  • Se remettre en cause , identifier ce qui rend fort et se l’approprier ;

À la question de savoir ce qu’elle compte faire par la suite, Aude de THUIN répond à la fin de son livre :

Quand on me parle de demain, bien sûr j’y pense et j’y ai déjà réfléchi. Mais cela me perturbe aussi beaucoup. Malgré tout ce que j’ai vécu, je ne peux changer fondamentalement qui je suis… De quoi ma vie sera-t-elle donc faite ? Puisque je ne sais pas m’arrêter ? Je suis encore pleine de contradictions, car je reste fragile et je sais qu’il va me falloir aller puiser au fond de moi, l’énergie nécessaire pour avancer.

Ps : Elle est de nouveau sur les Rails ! Aude de Thuin est aujourd’hui à la tête du réseau et  forum : » Women In Africa » !