La Fratrie

Article : La Fratrie
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01/06/2015

La Fratrie

Je me rappelle encore de ta naissance, comme si cela datait d’hier. Père et mère nous avaient chargés de ton identification (enfin, juste trouver comment te prénommer) et nous nous en étions donné à cœur joie. Te trouver des noms de baptême quoi de plus facile ? Notre imagination débordait déjà de prénoms aussi drôles que charmants, sérieux ou même ringards. Nous nous accordâmes finalement sur la combinaison parfaite, et t’accueillîmes à bras ouverts dans la bande joyeuse. Tes débuts d’être humain, auprès de nous, étaient plutôt délicats.

Le sourire et la joie de vivre qui nous caractérisaient, semblaient te faire défaut. Tes manières, tes chichis et que sais-je encore, toutes ces choses nouvelles que tu traînais, nous laissaient souvent penser que l’on t’avait sûrement échangé à l’hôpital contre un autre (pourquoi pas ? Cela arrive, les gens se trompent souvent non?). Mais toutes ces suspicions disparaissaient quand il nous arrivait de lever les yeux sur toi, la ressemblance avec ta génitrice, pouvait convertir plus d’un païen et suffisait à te concéder le bénéfice du doute. Cependant, cette question demeurait dans nos esprits : pourquoi ne sourit-il pas, s’il est bien l’un des nôtres ? 

Il nous a fallu attendre la douzième semaine pour voir le miracle se produire. Toi souriant, au photographe (que dis-je, toi souriant à la vue de l’objectif de l’appareil avec une seule idée en tête : le manger ou du moins y laisser ta marque, une énorme quantité de salives, pensant avoir affaire à ton repas du jour) venu te prendre en photos pour ton album de bébé – album qui marquait les différentes étapes de la vie, selon maman. Sur le coup, tu étais devenu le plus beau bébé, de la terre. De tout ton poids (Dieu seul sait, que tu pesais une tonne) , tu nous souriais, tu riais même et nous te rendions la pareille. Ce moment magique, personne ne voulut qu’il s’arrête, nous l’attendions depuis si longtemps.

Gamine, je dois avouer que je ne t’aimais pas beaucoup. Nous passions le plus clair de notre temps à nous disputer et maman te pardonnait tout, avec pour simple excuse, ces mots passe-partout : « il est petit – ayez pitié – il ne sait pas ce qu’il fait » (non mais ohh, c’est un humain avec toutes ses facultés comme nous, comment qu’il ne sait pas ce qu’il fait? Il le sait, il fait juste exprès, me disais-je !). Puis le temps a passé, de l’eau a coulé sous les ponts (comme on le dit de l’autre côté), mon instinct de protection à ton égard s’est accru. Pour toi, je me suis vue capable de déplacer des montagnes, pour toi je me suis surprise à pleurer quitte à te voir sourire, pour toi j’ai décidé d’être plus courageuse, de te tenir par la main et d’être la voix dans ta tête qui te dirait constamment  : « n’aie pas peur de poursuivre tes rêves, ne t’arrêtes pas là où tes pères ont tracé leur trait, vois et vas au-delà, de ce que l’on a bien pu te souhaiter. Continue de réaliser l’inattendu, l’inimaginable et l’impossible. Que tes années à venir soient encore plus belles et riches d’exploits. » C’est dans nos moments de faiblesses, que nous devrions nous sentir les plus forts, c’est de nos moments de tristesse que découlera notre joie la plus immense et nous ne te remercieront jamais assez de nous en faire la démonstration, chaque jour qui passe.
 Une sœur à son frère.
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Commentaires

Guy Muyembe
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L'amour d'une soeur envers son jeune frère est de plus naturel.Je t'encourage à lui manifester toujours ton affection :-))

Benjamin Yobouet
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Beau témoignage, bel hommage. Il doit avoir de la chance ce frère !

mandanye
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je t'assure lol