De l’enfer, je reviendrai

– Quatorze chapitres (14), avec une moyenne de douze (12) pages chacun.

– Vingt (21) , le nombre de fois que Nelson Mandela est cité dans le livre. Trois (03) fois Barack Obama et deux (02) pour Paulo Coelho.

– L’avant-propos rédigé par son avocat M. Seri S. Zoukou, annonce très tôt, les couleurs des écrits à suivre :

« Charles Blé Goudé…avait décidé de faire de moi, un des avocats ayant le redoutable privilège de conduire sa défense …. Charles mon ami d’enfance devenu par la force d’un sort injuste, prisonnier de la CPI »

« Une rébellion éclata dans la nuit du 18 Septembre 2002, Charles quitta Manchester, interrompant ses études pour se porter au chevet de la mère patrie »

« …Il ne voulait pas être ministre, il n »a accepté que par obéissance et par solidarité »

– Ces citations qui vous arrachent un fou rire, au fur à mesure que vous tournez les pages du livre :

 » Quand on porte un canari sur la tète, on ne s’aventure pas sur une aire de jeu où les enfants lancent des pierres. »

« C’est quand le mur est fissuré que le lézard pénètre dans la demeure »

« on ne lapide pas un arbre qui ne porte pas de bons fruits »

 » Un fruit bien mur ne pourrit jamais en l’air »

 » ce n’est pas parce qu’on a faim qu’il faut vendre ses dents »

– Ces phrases qui donnent à réfléchir : 

 » Qu’un camarade ne puisse pas partager le même point de vue que nous sur un sujet ne doit pas systématiquement faire de lui un traître. »

« Je nous considère tous en détention. Que ce soit entre quatre murs ou que cette prison soit à ciel ouvert… »

« La douleur physique bien que réelle est néanmoins supportable…La plus atroce, celle qui vous transperce le cœur comme les rayons du soleil ardent assèchent le feuillage d’un arbre, c’est la blessure morale. Elle ne verse certes pas de sang , mais sa plaie est profonde et sa cicatrice indélébile. De cette blessure on reste infirme à vie »

– Ces piques à l’opposant :

« Ce nouveau régime, fruit d’un accouchement par césarienne, a habitué les Ivoiriens à la théâtralisation de ce qui pourrait se gérer le plus simplement du monde. Visiblement, ces gens ont un appétit de reconnaissance. Ils peinent à troquer leurs habits d’anciens rebelles contre les tenues conformes à leur nouveau statut. »

 » à la DST, la règle demeure le mensonge. La seule fois qu’une vérité a échappé de la bouche du commissaire Ingadi, c’est lorsqu’il m’a confié n’être qu’un gardien à qui le pouvoir a confié un colis. »

« Pauvre Cote d’Ivoire, l’audition pour mon transfert à la CPI est interdite au public. Pourtant j’ai le droit à un public particulier, uniquement composé de policiers et de soldats FRCI qui remplissent la salle. »

– D’autres faits qui constituent la majeure partie du livre (que je n’ai pas cité ici), qu’il convient à tout un chacun d’apprécier selon son sens critique, à savoir : son extradition du Ghana en Cote d’Ivoire, les conditions de sa détention, sa vie à la DST, son voisin de cellule Mohamed le Djihadiste,  les photos volées à la DST, son processus de transfert à la CPI…

En résumé, les écrits ne sont que ce qu’on en fait. Libre à chacun, de les interpréter selon son bon vouloir. Croire ou ne pas croire là n’est pas vraiment la question. L’enjeu devient plus important lorsque l’on décide de pousser la réflexion plus loin. Pour ma part, je me devais de lire ces lignes, ne dit-on pas que la somme des récits constituent l’histoire ?!

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