Quand le fer croise l’acier

Jusqu’à très peu de temps, je trouvais ridicule l’idée de partager ses expériences les plus douloureuses avec les autres. J’y voyais en certains cas, une faiblesse; surtout quand il est facile, de prévoir à l’avance, lire sur le visage des autres le mot « pitié »- mot auquel, votre image serait longtemps associée.

J’ai cependant appris, que le silence est une arme tout aussi dangereuse qu’une plume qui se couche ou des mots prononcés à la volée, qu’on ne peut rattraper. Nos histoires aussi personnelles soient-elles, sont parfois le déclic que d’autres attendent depuis si longtemps, pour enfin bouger. J’ai aperçu ce petit garçon, que je ne pouvais sauver du regard des yeux et je me suis rappelée de la chance que j’avais, moi, de pouvoir encore écrire.

Enfant, j’ai été tyrannisée par d’autres enfants. J’avais cet handicap, qui d’office me disqualifiais à la course « de camarade de jeu ». Chaque jour, jusqu’à être fin prête à affronter l’Humanité – la toute puissante qui se nourrit du regard des autres, j’apprenais à cultiver force et mental. J’ai aiguisé ces armes, appris à les aimer, au point où très peu de choses arrivaient réellement à m’ébranler – elles faisaient maintenant parties de moi.

Un soir alors que je m’y attendais très peu, j’ai ressenti cette étrange sensation d’abandon ; mes forces n’étaient plus et mon mental consumait tel du papier sur feu de bois. J’avais beau lutté, rien n’y faisait ; les jours passaient et j’allais devoir me résoudre à tout recommencer à zéro. Comment cela était-ce possible ? Pendant que je réfléchissais au pourquoi, le sport dans toute sa diversité, enchaînait les exploits sur grand écran, captivant un peu plus mon attention :

  • Football Américain : Tom Brady remontait au score avec les Patriots pour gagner la finale du super bowl – une victoire historique, un nouveau record dans le milieu (un match à revoir encore et encore).
  • Tennis : Roger Federer, qui réalise peut être l’un des plus beaux come-back de l’histoire du tennis, en ce moment.
  • Tennis : Serena Williams qui après plusieurs essais infructueux avait fini par égaler le record de victoires en Grand Chelem et un succès record global dans l’histoire du tennis féminin. Dans son documentaire autobiographique produit par Epix, Billie Jean King lui léguait cette phrase : « cause Pressure is a Privilege ».

Je m’étais finalement rendu compte de mon erreur : j’avais passé le plus clair de mon temps à nourrir mes ambitions, mes rêves, prenant force et mental pour acquis. J’avais maintenant droit au revers de la balle – comme quoi, on n’est jamais assez bien préparés pour jouer contre la vie.

La force tout comme le mental, sont des armes qui demandent maîtrise et précision afin de nous permettre d’atteindre nos objectifs. Il est nécessaire de pouvoir les maîtriser, les canaliser au risque de voir notre corps nous desservir. Dans certains cas, un trop plein de force, par exemple, s’avère inutile tout comme un trop peu, à nous de trouver le juste milieu.

J’ai perdu ces armes le jour où j’ai égaré ma motivation et une certaine rage de vaincre. Ce fameux jour où le fer a croisé l’Acier. Aujourd’hui je travaille à les regagner, je me mettrai surement au sport, qui sait ?. Une chose est certaine, apprenez à extérioriser, au moins une fois par semaine, vos émotions, à travers le sport ou toutes autres activités qui vous enseignent la discipline, la maîtrise de  qui est en vous ; cultivez votre mental, sans relâche, jusqu’à atteindre votre but.  

Prenez du recul, autant qu’il vous en faudra si cela s’avère nécessaire, pour analyser ce qui vous arrive et tirez-en des leçons pour la suite. La vie attendra, si avez décidé d’en être acteur, elle attendra son tour pour entrer en scène à vos côtés. N’oubliez pas ! Rappelez-vous constamment de ce qui vous motive, de ce qui vous a motivé ou de ce qui vous motivera. Mettez votre organisme à jour de vos envies.