Alerte enfants en danger

Depuis 2 à 3 mois environ, un phénomène prend de l’ampleur chez moi en Côte d’Ivoire, il s’agit de celui de l’enlèvement et de l’assassinat d’enfants. Les causes rattachées à ce phénomène déjà connu de tous, sont diverses, mais celle qui revient le plus souvent : des personnes avides de pouvoir, d’argent n’hésitent pas à enlever et à offrir en sacrifice ces enfants sur demande de leurs marabouts ou féticheurs. De nombreux cas ont déjà été dénoncés dans la ville d’Abidjan et dans celles de l’intérieur du pays. Que faire face à la recrudescence de ce phénomène qui ne laisse personne indifférent et qui nous rend parfois si impuissants ?

Ce matin au cours d’une émission sur une radio locale, une dame interrogée au micro, se plaignait de ce que, certaines valeurs avaient disparu de nos communautés africaines. Elle insistait sur le fait que la solidarité communautaire était en train de disparaître pour laisser place à un individualisme collectif. L’enfant des autres, c’est également notre enfant, l’éducation d’un enfant c’est l’affaire de tous, autant celle de ses parents que d’un voisin du quartier qui a vu cet enfant grandir. Tels furent ses mots. Toujours dans la même émission, la directrice d’un complexe socio-éducatif a donné en exemple ces cas que je cite : « un enfant de 14 ans a livré sa petite sœur de 3 ans à des « brouteurs » contre une somme de 2, 5 millions de F CFA qui lui aurait été promise (200 000 F CFA lui avait déjà été versé comme avance). Autre cas, celui d’un père famille qui a intercepté à temps son fils adoptif, qu’il avait lui-même recueilli et scolarisé, alors que ce dernier s’apprêtait à enlever sa fille de 2 ans pour la livrer à des inconnus, monnayant une certaine somme d’argent . » Tout ceci pour dire que le danger peut venir de nos proches, manipulés ou non, ou de personnes extérieures à notre entourage. La vigilance est donc de mise.

Les campagnes sur les réseaux sociaux ne se sont pas fait attendre. Depuis le début des événements, les informations sont relayées au maximum et autant que possible via Facebook, Twitter, pour essayer de retrouver les enfants enlevés. Plus récemment, une vague de ruban jaune a fait son apparition, en signe de protestation contre ces enlèvements insensés. Pourquoi plonger les parents dans une terreur si grande que celle de voir son enfant disparaître à tout jamais, ces bouts de chou si innocents ?

enfant 2

Le ministère de la Solidarité en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, de la Défense et de la Communication s’est lancé dans une campagne de sensibilisation massive « de bouche à oreille ». Un numéro d’urgence a été mis en place pour signaler tous les cas suspects : appelez le 116. En attendant d’autres mesures et actions concrètes de la part de nos autorités gouvernementales, il nous revient à nous citoyens (lambda) de nous mobiliser et sensibiliser au maximum notre entourage. Des gestes simples, mais importants que l’on peut déjà faire :

– chez nous à la maison : en parler à nos enfants et à ceux qui s’en occupent pour nous lorsque nous sommes absents, les informer de la situation et leur donner des consignes strictes ;

– au niveau des écoles : s’assurer que les enfants sont déposés et récupérés par leurs parents ou accompagnateurs respectifs connus de tous ;

– dans les quartiers: mobiliser, sensibiliser les riverains sur le phénomène, ne pas laisser les enfants jouer sans surveillance, être plus attentifs, plus vigilants à nos enfants mais également aux enfants d’autrui ;

Et encore dans les marchés, les églises, les mosquées : dénoncer et prendre les mesures qui s’imposent, ne seraient-ce que minimales, pour refréner ce phénomène qui gagne du terrain.

Lorsque cela arrive aux autres tout ce que l’on peut dire c’est « qu’on est désolé », mais lorsque cela nous arrive à nous, il nous faut y  faire face du mieux que l’on peut. Mettons-nous en état d’alerte nos enfants sont en danger. Faisons passer le message. 

#AlerteEnfantsenDanger

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